Le robot soumis à la pensée de l’Homme
Par Stéphan Julienne - Publié le 31 mars 2009L’expérience a été réalisée par Honda, devant la presse, à Tokyo, ce 31 mars. Un nouveau système d’analyse de l’activité cérébrale permet de commander un droïde uniquement en pensant à l’action qu’il doit exécuter.
Lever la main gauche, puis l’autre main, ou bouger les pieds, voici quelques exemples de ce que le système permet de faire. Si l’on accorde en tout cas une foi aveugle à la démonstration faite par Honda et ses deux partenaires, l’institut international de recherche avancée en télécommunication, ATR, et le fabricant d’instruments de précision Shimadzu.
Le dispositif relève de ce que l’on appelle la BMI, la Brain Machine Interface. Autrement dit, en français, l’Interface Cerveau-Machine qui permet une communication directe entre l’homme et un appareil électronique, sans l’aide d’un bouton ou de tout autre système de commande physique.
Et c’est ce l’on peut voir dans la démonstration filmée ci-dessous. L’homme, qui joue le rôle du cerveau, n’a aucun autre équipement que le casque chargé de mesurer son activité cérébrale :
Le principe de la BMI n’est pas nouveau. Plusieurs laboratoires dans le monde travaillent sur le sujet, y compris en France. En revanche, ce qui est nouveau, c’est le processus appliqué pour commander le robot vedette mis au point par Honda, Asimo (prononcez achimo).
Deux systèmes d’analyse sont impliqués. L’un pour mesurer le champ électrique créé par l’activité du cerveau. C’est le principe connu de l’électroencéphalographie ou EEG en anglais. L’autre, la spectroscopie infrarouge, pour mesurer le flux sanguin généré par cette même activité. Les données recueillies sont ensuite déchiffrées par un programme pour être transmises au robot sous forme de commandes.
On est loin encore de l’application grand public. Mais l’objectif de Honda – hormis de travailler son image d’entreprise innovante – est de parvenir un jour à intégrer ce principe de commande cérébrale dans nos objets et machines de la vie courante. Comme une voiture par exemple à qui l’on pourra demander de fermer ses portes ou d’allumer les phares.
Reste que d’ici là, il faudra quand même faire un gros effort de miniaturisation pour détecter l’activité de nos cerveaux. Pas sûr sinon que le port du casque soit un gage de succès pour un tel système.

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